Sur les pas de Don Bosco, Marie-Dominique Mazzarello et Dominique Savio,   du 01 au 06  Avril 2004


Les Coopérateurs du centre de Ganshoren ont organisé entre eux un retour aux sources au pays des saints fondateurs de la Famille Salésienne. Nous étions dix personnes sous la houlette de Sœur Stella qui pour la circonstance révéla ses qualités de chauffeur (2500 km), cuisinière, guide, historienne, gardienne du temps et animatrice spirituelle.

Lors de l'évaluation finale, dans les prés de Mornèse, chacun et chacune s'exprima sur ce que représentait pour lui ou pour elle la découverte ou la redécouverte « in situ » du charisme salésien. Quelle richesse pour la Famille Salésienne que la sainteté masculine de Don Bosco, la sainteté féminine de Marie-Dominique, la sainteté adolescente de Dominique ! Ils restent une puissante source d'inspiration pour notre agir chrétien dans le monde d'aujourd'hui .

Au delà du contenu spirituel et historique de ce véritable pèlerinage aux sources, la façon de vivre du groupe ainsi que l'accueil attentif des sœurs et l'efficacité discrète des pères furent une vraie école de salésianité.
Notre itinéraire fut entrecoupé de repas champêtres, de moments de prière, de partage et de méditation, de randonnée à travers pré, vallon et torrent. Curieuse alchimie de convivialité et  d'intériorité, d'édifices modernes et d'évocation du passé, de paysages idylliques et de climat rude, de lieux familiers et de dépaysement, de soleil et de vent, de présence invisible mais palpable de Jean Bosco, Maïn, Dominique …

Nos pas s'arrêtèrent le premier jour à l'aire de Berchem du Grand Duché, à l'aire du Poulet de Bresse (enfin … presque), à S. Giovanni di Riva presso Chiéri. Le second jour, nous étions au Colle don Bosco avec les Becchis, le songe de 9 ans et le grand temple du Christ Rédempteur, Castelnuovo, la ferme Moglia, Chiéri, sa cathédrale et le séminaire, la sous-pente où dormit Jean, la glace et les kiwis. Le troisième jour, nous découvrons Turin , le Valdocco, le marché, le saint suaire, la Consolata, don Cafasso, les trois églises, les châsses de don Bosco et Marie-Dominique, Superga dans la brume sans coucher de soleil. Le quatrième jour nous amena à Mondonio, Nizza Monferrato, les vignes d'Asti, la Valponasca, la fenêtre et le puits de l'antique chemin, le cirque des collines ravagées de vent et gorgées de soleil, la maison natale de Marie-Dominique. Le cinquième jour, nous explorons Mornèse, l'église du village, les diverses maisons où séjourna Maïn, le collège , le calice de don Pestarino, la cave des vins Mazzarello, les lavandières du Roverno, l'évaluation dans les prés. Enfin ,le dernier jour : le tunnel du Mont Blanc, le relais du Poulet de Bresse (enfin), Luxembourg et Ganshoren.

Au premier rang :
Sœur Stella, Georges, Mita, Anne-Marie, Nicole,
Au second rang :
René, René, Renée, Pierre, Martine, Anne-Marie

Il m'est impossible de refléter ce que chacun et chacune a vécu et ressenti. Personnellement, j'aimerais m'exprimer sur deux réflexions qui m'ont habité en ces jours-là.

· Les trois églises du Valdocco, attenantes à la cour de récréation

Un spectateur superficiel pourrait considérer la construction des trois églises successives comme une prouesse financière, témoignage d'un triomphalisme désuet. Ce serait totalement se méprendre sur le cœur de la visée de Don Bosco à propos des jeunes : en faire de bons chrétiens et de bons citoyens. La cour de récréation était le lieu de « l'accroche » humaine et joyeuse dans l'éducation préventive des jeunes ; l'église était l'endroit où s'exprimaient et s'alimentaient la foi chrétienne et l'amour dilatant de Jésus, à travers l'eucharistie et le confessionnal.

Plus d'un siècle après lui, pour être fidèles à Don Bosco, ne devons-nous pas nous demander : « C'est quoi, construire des églises pour les jeunes , aujourd'hui ? ». Pour moi, la réponse est lumineuse : ce sont des communautés salésiennes agissantes, qui se nourrissent de la Parole de Dieu et célèbrent, dans la joie rayonnante et l'affection explicite, leur attachement au Seigneur et aux jeunes, dans toute leur vie. La façon dont nous vivons la salésianité ensemble, religieux et laïcs, constitue en grande partie l'actualisation du charisme dont nous avons hérité.

· Sens de la vocation salésienne dans le monde moderne occidental

Au temps de Don Bosco, et en gros jusqu'au concile, les vocations salésiennes, essentiellement religieuses, naissaient et s'épanouissaient dans un contexte de chrétienté et de prise en charge des enfants pauvres ou délaissés de la société moderne. Cette « nécessité sociale » est sans doute encore un important facteur d'engagement religieux radical dans le tiers monde et l'Europe de l'est. Dans nos pays occidentaux, où la couverture sociale est mieux prise en charge par la société civile, la vie consacrée me semble être plus destinée à apporter du sens à l'agir humain, et à rejoindre le besoin d'intériorité et d'approfondissement spirituel exprimé par les jeunes. Ces deux moteurs de la vocation : action humanitaire et approfondissement de la vie intérieure et communautaire ancrée dans la Trinité, sont distincts mais indissolublement liés : ils sont les piliers de « l'internationale de la salésianité ». Cette radicalité de l'engagement vaut tant pour les laïcs que pour les religieux et religieuses : nous sommes tous des appelés. Le chemin des « conseils évangéliques » , ce chemin de perfection des béatitudes , nous concerne tous, disciples de Jésus.

Si nous le voulons, la Famille Salésienne peut être cette terre fertile pour la pérennité de notre charisme. Pour que ceux, les jeunes surtout, qui se sentent prêts à investir dans un engagement de longue durée au service des jeunes n'aient pas peur. Ils pourront toujours s'appuyer sur une vraie famille. Il me semble que la Famille Salésienne n'est encore qu'à l'aube de son expansion. Soyons-en les visionnaires, les artisans et les supporters.


René Dassy
Pâques 2004


TOUJOURS JOYEUX   Farnières 2004   retour aux sources   

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